Le monde de l'automobile électrique réserve parfois des surprises inattendues. En février 2024, une vente aux enchères tout à fait singulière a attiré l'attention des passionnés de mobilité électrique et des collectionneurs avertis. À Parthenay, dans les Deux-Sèvres, vingt-cinq exemplaires de la Mia Electric ont changé de mains pour des sommes oscillant entre mille et quatre mille euros. Cette citadine française, symbole d'une époque où la transition énergétique faisait ses premiers pas hésitants, a trouvé une seconde vie auprès d'acheteurs conquis par son caractère unique et son histoire mouvementée.
La Mia Electric : une voiture française pionnière de la mobilité urbaine
L'histoire méconnue de la citadine électrique Made in France
La Mia Electric incarne une aventure industrielle ambitieuse et éphémère. Née en 2010 dans la commune de Cerizay avec le soutien appuyé de Ségolène Royal, cette citadine électrique représentait alors un espoir pour la région Nouvelle-Aquitaine et pour l'ensemble du secteur automobile français. Entre 2011 et 2014, environ mille cinq cents exemplaires ont été fabriqués, témoignant d'une production certes modeste mais porteuse de promesses. Cependant, seule la moitié de ces véhicules a finalement été immatriculée, révélant déjà les difficultés commerciales qui allaient plomber le projet.
Le destin de l'entreprise a basculé en mars 2014 lorsque Mia Electric a été placée en liquidation judiciaire. Cette issue tragique a entraîné la perte d'emploi pour deux cent dix salariés et pénalisé quatre cent cinquante créanciers. L'affaire a également connu un volet judiciaire retentissant avec la condamnation de Michelle Boos, qui avait promis un investissement de trente-six millions d'euros mais n'en avait réellement injecté que deux millions. Elle a écopé de trois ans de prison dont deux ferme et d'une amende de cent cinquante mille euros. Ce parcours chaotique explique pourquoi ces voitures électriques sont aujourd'hui considérées comme de véritables pièces de collection, témoins d'une époque de transition et d'une ambition industrielle inachevée.
Les caractéristiques techniques qui ont marqué son époque
La Mia Electric se distinguait par sa conception originale et ses caractéristiques techniques adaptées à la mobilité urbaine. Proposée en différentes configurations allant de une à quatre places, elle existait également en version utilitaire, répondant ainsi aux besoins variés des particuliers comme des professionnels. Son atout majeur résidait dans son autonomie qui pouvait atteindre cent vingt à cent trente kilomètres selon la capacité de la batterie embarquée, une performance honorable pour l'époque.
En 2013, le prix d'entrée de gamme s'établissait à dix mille quatre cent soixante-neuf euros toutes taxes comprises après déduction du bonus écologique. Pour les professionnels souhaitant opter pour une batterie de douze kilowattheures en location, le tarif descendait à huit mille trente-trois euros. Ces prix positionnaient la Mia comme une alternative accessible dans le paysage naissant des véhicules électriques. La diversité des configurations permettait de répondre à différents usages, depuis le transport individuel jusqu'aux petites livraisons urbaines, faisant de cette citadine un véhicule polyvalent et avant-gardiste pour son temps.
Détails de la vente aux enchères du 21 février
Les véhicules proposés et leur état de conservation
La vente organisée le vingt-et-un février 2024 à quatorze heures trente à Parthenay a révélé un spectacle à la fois nostalgique et pragmatique. Les vingt-cinq exemplaires mis en vente présentaient des profils très variés. Certains véhicules étaient neufs, n'ayant jamais circulé, tandis que d'autres affichaient des kilométrages variables témoignant d'usages passés. Toutefois, un problème commun touchait l'ensemble du lot : les batteries étaient toutes déchargées, nécessitant une remise en marche complète avant toute utilisation.
Les prix finalement atteints lors des enchères, compris entre mille et quatre mille euros, reflétaient cet état général nécessitant des travaux de rénovation. Initialement, les estimations se situaient entre mille cinq cents et trois mille euros. L'absence d'état de rouler immédiat expliquait ces valorisations modérées, mais constituait également une opportunité pour les passionnés disposés à investir temps et argent dans la restauration. Un litige antérieur concernant la propriété des batteries avait par ailleurs retardé cette mise en vente, ajoutant une couche supplémentaire de complexité à l'histoire de ces véhicules.

Comment participer à cette opportunité unique pour collectionneurs
La vente aux enchères a attiré une clientèle diversifiée, illustrant les différentes motivations d'acquisition. Des particuliers passionnés d'automobile française sont venus chercher une pièce rare pour leur collection personnelle. Des garagistes ont également participé, intéressés davantage par les pièces détachées que par le véhicule complet, transformant ainsi certaines Mia en sources de composants pour d'autres projets. Enfin, des acheteurs attachés à la valeur symbolique de cette marque, incarnation d'une tentative audacieuse de produire une citadine électrique française, ont souhaité préserver ce patrimoine industriel.
Pour participer à ce type d'événement, il convient généralement de se renseigner auprès des commissaires-priseurs locaux ou des services de liquidation judiciaire qui organisent ces ventes. La transparence sur l'état des véhicules constitue un élément crucial, et les acheteurs potentiels doivent évaluer précisément les coûts de remise en état, notamment concernant les batteries qui représentent souvent l'investissement le plus conséquent. Cette vente de février 2024 restera dans les annales comme une occasion exceptionnelle d'acquérir un morceau d'histoire de la mobilité électrique française à des tarifs défiant toute concurrence.
Pourquoi investir dans une Mia Electric aujourd'hui
La valeur patrimoniale des premières voitures électriques françaises
L'engouement pour les automobiles de collection électriques commence à se dessiner dans le paysage du collectionnisme automobile. La Mia Electric occupe une place particulière dans cette émergence. En tant que production française ayant tenté de s'imposer face aux géants internationaux dans les années 2010, elle témoigne d'une époque charnière où la transition énergétique passait du concept à la réalisation concrète. Son histoire mouvementée, marquée par des ambitions fortes et une fin prématurée, lui confère une dimension nostalgique et symbolique.
Les collectionneurs avertis savent que les véhicules rares et historiquement significatifs prennent souvent de la valeur avec le temps. La Mia Electric répond à ces critères avec seulement sept cent cinquante exemplaires immatriculés sur les mille cinq cents produits. Cette rareté mécanique, associée à son statut de pionnière de la mobilité électrique urbaine française, en fait un investissement potentiellement judicieux pour les années à venir. Les prix actuels, particulièrement accessibles compte tenu de l'état des véhicules, permettent d'acquérir une base solide pour une restauration complète qui pourrait s'avérer rentable à moyen terme.
Les avantages pratiques et fiscaux d'une automobile électrique de collection
Au-delà de la dimension patrimoniale, posséder une Mia Electric restaurée présente plusieurs avantages concrets. Sur le plan pratique, une fois la batterie remplacée ou rénovée, le véhicule offre une autonomie suffisante pour un usage urbain quotidien. Son format compact et sa maniabilité en font un choix pertinent pour les déplacements en ville, où les contraintes de stationnement et de circulation favorisent les petits gabarits.
D'un point de vue fiscal, les véhicules électriques bénéficient généralement d'avantages significatifs. Même en tant que véhicule d'occasion, une Mia Electric rénovée peut ouvrir droit à certaines exonérations locales de taxes sur les véhicules ou à des facilités de circulation dans les zones à faibles émissions qui se multiplient dans les centres-villes français. Pour les professionnels, l'acquisition d'un utilitaire électrique comme certaines versions de la Mia peut également présenter des intérêts en termes d'image écologique et de coûts d'exploitation réduits, l'électricité restant moins onéreuse que les carburants fossiles. Cette combinaison d'avantages patrimoniaux, pratiques et fiscaux fait de l'investissement dans une Mia Electric une démarche aussi bien passionnelle que rationnelle pour qui sait voir au-delà de l'état actuel de ces véhicules et imaginer leur potentiel futur.